La permaculture en l’absence de terrain

Vous vivez en ville et ne disposez pas de terrain cultivable ? Pourquoi ne pas tester la permaculture urbaine ? Cette pratique récente est en effet de plus en plus encouragée ! De nombreuses communes ont d’ailleurs fait un pas vers l’innovation écologique en créant des jardins sur les toits des nouveaux immeubles. Si vous avez le désire de développer une permaculture miniature sur votre terrasse, votre cours, votre balcon ou votre jardinet, sachez que des solutions s’offrent à vous. Nous vous proposons de les découvrir.

Les aménagements préalables

Avant de commencer votre activité, nous vous invitons à consulter le règlement de votre copropriété afin d’éviter tout litige. En effet, on ne peut aménager un balcon ou une terrasse comme on le veut ! Certaines restriction esthétique et de sécurité peuvent ainsi figurer dans votre contrat d’habitation. Après vous être assuré d’être en règle, vous pourrez débuter votre projet sereinement.

La étape est de dégager les encombrants afin de libérer le plus d’espace possible à l’endroit dans lequel vous souhaitez concrétiser votre projet de plantation. N’hésitez pas aussi à effectuer des travaux sanitaires. La saleté des murs et notamment la moisissure peut en effet affecter de manière néfaste la santé des végétaux, vos plantes ne doivent donc par servir à la camoufler !

Les grands espaces telles que les cours deviennent parfois des lieux où sont entreprosés les encombrants. Une erreur car l'humidité de ces espaces ouverts créée un environnement favorable à l'apparition de la moisissure

Nous vous conseillerons plus tard sur l’utilisation de vos contenants mais sachez d’ores et déjà que vos achats constituent un point stratégique ! En effet, avec la permaculture urbaine vous cultiverez sur plusieurs hauteurs qui vous permettront de conserver un maximum d’espace : des jardinières (attention, ces suspensions posent parfois des problèmes d’étanchéité), des treilles, des tabourets ou encore des étagères d’extérieur. Certains accessoires comme les écrans brise-vent pourraient également vous être utile. 

Évitez de rendre vos espaces trop artificiels. De nombreux accessoires en plastique pour balcon sont en effet vendus à des fins décoratives, privilégiez un design cent pour cent naturel en créant un aménagement particulièrement fleuri pour votre balcon.

Réfléchissez aux plantes que vous souhaitez utiliser afin que leur dimension soit en cohérence avec la taille de votre espace que nous vous conseillons de mesurer. Le choix de vos graines et plantes et de l’endroit dans lequel vous allez ranger les contenants doit aussi prendre en compte l’exposition de votre espace à la luminosité, surtout si celui-ci est une cours.

La surélévation peut s’avérer être une bonne idée pour mieux exposer vos plantes au soleil. A noter que la lumière, en plus d’être nécessaire à la pousse des plantations, permet aux fleurs de changer de couleur. Cependant, certaines plantes pour potager se développent très bien à l’ombre, c’est le cas des salades, des radis et de certains choux.

Pots et jardinnières sont ici utilisés

Si vous possédez une terrasse, vous pourriez vous laisser tenter par l’installation d’un plancher. Afin de favoriser les exploitations forestières de votre région et d’éviter les  matières non naturelles, nous vous conseillons les planches en bois. N’omettez  pas de créer des trappes de visite afin d’évacuer les eaux et de procéder à un nettoyage approfondi. Attention, il vaudrait mieux ne pas cultiver de baies par la suite afin de ne pas avoir à laver quotidiennement votre plancher. Si vous disposez d’un jardinet en pente, la construction d’un pallier peut s’avérer utile pour le rendre plus visible.

Enfin, il est bon de rappeler que vivre en ville ne signifie pas forcement avoir vue sur un parking ou sur un autre bâtiment ! Certaines vues urbaines sont en effet magnifiques ! Pensez donc à placer les installations de vos futures plantes à des endroits qui ne vous gâcherons pas ce plaisir visuel.

Il serait dommage de ne pas avoir accès à une telle vue ! A noter qu'un jardin a été créé sur l'un des bâtiments parisiens de ce cliché

Comment préparer vos contenants ? Votre jardinet ?

Pour des raisons d’esthétique, de temps de travail et pour favoriser la maturation des végétaux, il est conseillé d’acheter quelques grands contenants plutôt que d’accumuler les petits qui au final consommerons beaucoup d’espace pour des résultats plus limités. Prendre également en compte la profondeur : un contenant peu profond ne peut accueillir que des plantes saisonnières et de petits végétaux.

Le choix de vos contenants dépendra aussi du design qui vous souhaitez donner à votre jardin urbain et surtout des composants. Par exemple, utiliser des pots en terre cuite en hiver n’est pas forcément une bonne idée puisqu’ils gèlent et se désagrègent facilement ; ils sont en revanche particulièrement adaptés aux températures caniculaires. Le grès est par contre un matériau plus résistant. 

Il dépendra enfin du prix et de la transportabilité. Les bacs en bois offrent un beau design mais sont coûteux. Les contenants en pierre sont quant à eux particulièrement lourds. En revanche, les bacs en PVC sont légers, généralement abordables et ont une couleur neutre.

Avant de planter, il vous faudra bien entendu remplir ces contenants en achetant un support de culture sur lequel vos végétaux vont se fixer et puiser les minéraux dont ils ont besoin. Un support de culture, ou substrat, est composé de différents types de terreaux (terre crue, argile, cailloux et même parfois un peu de sable) ; il doit idéalement être riche en compost végétal.

Pour obtenir un bon compost en milieu urbain, d’établir des couches alternants du vieux terreau et des déchets naturels. Laissez le tout se décomposer.

Exemple de compost utilisant des déchets naturels

Le support de culture doit aussi pouvoir conserver une certaine quantité d’air. Ainsi, si vos contenants ne comportent pas ou peu de trous et que vous êtes à l’aise avec les activités manuels, il peut être intéressant de faire un drainage. Le drainage consiste à provoquer l’évacuation de l’eau, dans le cas présent à l’aide d’une perceuse. Si le contenant peut être retourné, vous percerez des trous de l’extérieur ; dans le cas contraire, vous les percerez de l’intérieur. Pour une jardinière ou un petit contenant, deux trous centraux de 0,5 cm suffirons. Si votre contenant est de grande taille, il vous faudra percer trois trous centraux d’environ 1,5cm.

Afin de garantir l’humidité du terreau, de régler les problèmes de température (tant l’été que l’hiver) et de permettre à vos contenants de conserver une certaine propreté, il est nécessaire « d’habiller » leur intérieur à l’aide de bâches en polyéthylène peu épaisses.

N’oubliez pas que la récupération est un des principes fondamentaux de la permaculture. Vous pouvez  par exemple utiliser vos verres et boites en carton usagés ou des bacs en plastique inutilisés pour faire pousser vos semis. Cette pratique vous permettra d’étendre votre espace tout en adoptant un comportement écologique.

Exemple de contenant avec des semis

Si vous possédez un jardinet, vous avez la chance de disposer d’une alternative plus naturelle que les contenants en plantant vos végétaux et en créant votre mini potager à même le sol. Il peut néanmoins être intéressant d’installer des treilles contre les murs de votre jardin afin d’habiller cet espace en le végétalisant. Aussi, pour les mêmes raisons que pour le drainage des contenants (évacuer l’eau), vous devrez creuser une fosse de plantation d’une profondeur de 50 à 70cm et d’une épaisseur de 15cm.

Faites également une analyse de votre sol pour savoir quelles graines planter. Votre sol est-il acide, calcaire, secs ou humide ? Le choix de vos plantes dépendra de ces données. Pour un sol calcaire par exemple, les acacias sont particulièrement adaptés. Certaines plantes comme les weigela sont néanmoins adaptées à tout types de sols.

Développer et entretenir votre permaculture en ville

Établir un calendrier de plantation en fonction de la saisonnalité est une excellente initiative ! Nous vous conseillons par exemple de planter vos arbustes à la fin de l’été et vos plantes fruitières au printemps. Vous pouvez aussi choisir des végétaux à longue floraison ou à feuillage persistant. Utiliser un carnet vous permettant de programmer vos travaux et de noter l’évolution de vos végétaux peut aussi s’avérer utile.

Voici quelques petites astuces non exhaustives pour vous adapter à la saisonnalité : retirez les fleurs fanées et les couches de neiges durant l’hiver, démarrez les premiers semis fleurs et potagers et ajouter du terreau au printemps. Pendant l’été, luttez contre les indésirables et continuez vos semis potagers tout en préparant votre engrais vert, faites également une cueillette plus régulière. Enfin, à l’automne, retirez les baies et le floraisons fanées, posez les bulbes et concentrez vous sur le taillage de vos plantations. 

Concernant l’arrosage, faites le toutes les semaines en été (voire tout les cinq jours en cas de sécheresse), tout les quinze jours au printemps, plus régulièrement si vous avez de petits contenants. En hiver, arrosez une ou deux fois par mois mais jamais en présence de gel. Lorsque vous irriguerez pour la première fois vos plantes, vous arroserez à refus.

Si vous disposez d’un balcon qui est recouvert par un balcon supérieur, la pluie risque d’atteindre uniquement les plantes en suspension. Trois solutions s’offrent alors à vous :  arroser plus régulièrement, choisir des végétaux qui demandent une moindre consommation d’eau ou acheter des bacs avec une réserve d’eau camouflée. Toujours au sujet de l’arrosage, n’hésitez pas à éponger l’eau qui déborde de vos différents contenants et à laisser vieillir le contenu de vos arrosoirs pendant quelques jours afin que les pollutions urbaines s’évaporent.

L'arrosage, une étape qui diffère selon les saisons. Une véritable stratégie !

Si vous prévoyez de planter des plantes grimpantes qui attirent de par leur élégance, n’oubliez pas d’acheter des tuteurs. Vous planterez vos végétaux sans les attacher,  ils se redresserons d’eux même en moins d’un mois, vous pourrez alors les attacher. 

Il est également possible de créer un potager en milieu urbain ! Une fois que celui-ci serra suffisamment développé, vous pourrez faire une cueillette quotidienne. D’ailleurs les aromatiques et les plants potagers repoussent très bien avec après ces cueillettes ! Gardez à l’esprit que le but de la permaculture est de créer un écosystème. Ainsi, si vous souhaitez fleurir votre espace, choisissez de planter vos fleurs à côté de vos légumes afin d’y attirer abeilles et autres insectes pollinisateurs. 

Pendant l’été, vous pouvez protéger vos fruits (et aussi votre sol !) des oiseaux en attachant des disques qui refléterons la lumière en haut de votre balcon.

Pour créer un potager sur votre balcon, l’achat de cubes d’une quarantaine de centimètres plutôt que des pots peut être envisagé. Sur vos suspensions extérieures, vous pourrez faire pousser vos fruits et légumes les moins imposants ainsi que vos herbes (par exemple de la ciboulette). Si vous décidez de créer un verger, sachez que certains fruits rouges poussent particulièrement bien en zone urbaine. Pour les autres fruits, enlevez ceux qui ont du mal à évoluer et qui n’arriverons pas à maturation afin de soulager vos arbres fruitiers ; vous pourrez alors les réutiliser pour votre compost. 

Choisissez vos variétés en fonction de votre espace : par exemple des tomates pour un jardinet et des tomates cerises pour un petit balcon

Que vous fassiez un potager ou de simple plantations, tout comme la permaculture classique, il vous serra nécessaire d’effectuer un paillage de vos terreaux afin de limiter les conséquences néfastes des climats extrêmes. L’épaisseur de votre paillage dépendra de la surélévation de vos plantes. De manière générale il doit être épais afin de développer les racines de vos plantes et de permettre l’assouplissement de votre support de culture.

Afin de garantir à vos végétaux une parfaite santé, vous pouvez aussi acheter un fertilisant. Certaines plantes ont en effet besoin d’engrais au moins une fois par an afin d’évoluer sainement. Il arrive que certains appartements soient envahis de pucerons, utiliser un répulsif peut alors s’avérer utile. Cependant, rappelez vous que la permaculture doit rester une pratique écologique, privilégiez donc les solutions naturelles.

Très présents en été dans les appartements, les pucerons affectent la santé de vos plantes

Si malgré ces conseils, la permaculture sur une terrasse, un balcon, dans une cours ou un jardinet, vous semble encore trop restreinte, sachez que la plupart des grandes villes louent de petites parcelles de terrain. Vous pourrez alors faire de la permaculture plus classique, à plus grande échelle. En contrepartie, cela vous demandera d’en avoir les moyens financiers.